Réserve : Toulouse veut s'engager

Pour faire suite aux dernières déclarations gouvernementales sur la montée en puissance de la réserve, la région de gendarmerie Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées (qui deviendra avant le 1er octobre prochain la région OCCITANIE Pyrénées Méditerranée) n'est pas en reste en matière de communication sur le sujet. Un très bel article "Toulouse veut s'engager" en page 20 du quotidien "La Dépêche" du 20 juillet 2016,met à l'honneur, éclairé par le Général Bernard CLOUZOT, commandant de région de gendarmerie, nos réserves opérationnelle et citoyenne.

Au lendemain de l'attentat de Nice, le gouvernement a renouvelé ses appels vers les «Français patriotes» pour qu'ils rejoignent la réserve. À Toulouse, policiers et gendarmes sont sollicités.

Au lendemain des attentats du mois de novembre, les demandes de renseignements n'arrêtaient pas. Et beaucoup d'engagements ont suivi. Cette fois, la terreur a frappé Nice et à nouveau, militaires, gendarmes et policiers répondent à de nombreux curieux. «Ils appellent, se renseignent, veulent se rendre utiles», confie un officier de gendarmerie. Même tonalité chez les policiers où les appels s'accumulent depuis le début de semaine. «Les gens entendent le message du gouvernement et veulent réagir face au terrorisme», apprécie un officier même si la «culture» de la réserve est moins marquée chez les policiers que chez les gendarmes.

Bien avant les attentats, la gendarmerie a fait de la réserve une force d'appui importante. «Aujourd'hui, nous comptons en Haute-Garonne sur 542 réservistes, 1 400 en Midi-Pyrénées», annonce le général Bernard Clouzot. Des personnes aux profils très différents, qui suivent à Saint-Astier la préparation militaire gendarmerie avant d'être engagés dans des missions très différentes, surveillance classique comme lors du passage du Tour de France ou des festivités diverses de l'été. Mais également des opérations au plus près des brigades territoriales dans la lutte contre les cambriolages ou la surveillance du trafic routier. Ces réservistes sont armés.

«Nous disposons de profils différents, d'engagements variables. Certains servent plusieurs jours par mois d'autres de manière plus ponctuelle. C'est en tout cas une force pour la gendarmerie», estime le général, patron de la région Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon.

La gendarmerie dispose également d'une réserve citoyenne, avec des personnalités de la société civile qui apportent leurs compétences par exemple en matière d'intelligence économique ou comme le lieutenant-colonel Jacques Dahan qui assure actuellement pour la gendarmerie la communication, au cœur de la caravane du Tour de France. «Nous souhaitons renforcer notre réserve opérationnelle auprès des gendarmes retraités», souligne le général Clouzot.

Chez les policiers, les «anciens» de la «réserve civile» assurent régulièrement des missions comme la sécurisation du palais de justice de Toulouse, ou des actions de rapprochement police-population. En revanche, les policiers ne s'appuient pas sur une force active pour les surveillances de site sensible par exemple. Le recrutement de réservistes non retraités n'est possible dans la police que depuis 2011. Les syndicats ne cachent pas qu'ils préfèrent les renforts de titulaires. «Contrairement aux gendarmes, nos réservistes ne peuvent être armés, note un policier. Dans le contexte actuel, délicat de les envoyer sur le terrain.»

Comment devenir réserviste ?

Police et gendarmerie ne sont pas les seuls à proposer des postes. L'armée, très engagée dans l'opération «Sentinelle» cherche également à développer son corps de réserve opérationnelle qui compterait actuellement 28 000 personnels, avec pour objectif d'atteindre 40 000 en 2019. Selon les données officielles, la gendarmerie compte 23 000 réservistes, la police 3 000. Eux aussi souhaitent développer leurs forces de réserve.

Pour rejoindre la réserve, quelques obligations : être âgés d'au moins 17 ans chez les gendarmes, 18 ans dans la police. Il faut avoir rempli ses obligations militaires (service pour les plus anciens, journée de défense pour les plus jeunes), être en bonne santé physique et morale et ne pas traîner de casier judiciaire… Le recrutement passe par un entretien puis une formation — préparation militaire chez les gendarmes ou passage de deux semaines dans une école de police. L'affectation se fait ensuite dans des services proches de son domicile.

Pour plus de renseignements, la police nationale, la gendarmerie et l'armée diffusent beaucoup de renseignements via internet ce qui permet d'éviter de longues attentes au téléphone.